16 mars 2026
Ottawa, Canada — Des organisations de la société civile canadienne, soutenues par des signataires internationaux, appellent le Premier ministre Carney et la ministre des Affaires étrangères Anand à prendre des mesures immédiates pour mettre fin au projet de colonisation E1 d’Israël en Cisjordanie occupée. Alors que la campagne militaire illégale menée actuellement par les États-Unis et Israël contre l’Iran accroît l’instabilité dans tout le Moyen-Orient, l’expansion du projet E1 risque d’attiser davantage les tensions tout en consolidant le contrôle illégal et discriminatoire d’Israël sur le territoire palestinien.
Parfois qualifiée de colonie « apocalyptique » d’Israël, les défenseurs avertissent que l’expansion de la zone E1 diviserait définitivement la Cisjordanie en deux enclaves isolées, consolidant ainsi l’annexion et fermant toute voie viable vers une résolution politique juste. Le projet modifierait délibérément la géographie et la démographie du territoire, en violation flagrante du droit international, portant atteinte au droit des Palestiniens à l’autodétermination. Le ministre israélien des Finances a explicitement déclaré que le projet visait à « enterrer l’idée d’un État palestinien ».
Le Canada a condamné le plan E1, mais les dirigeants de la société civile affirment que des condamnations sans conséquences ne suffiront pas à l’arrêter.
L’Autorité foncière israélienne a annoncé l’appel d’offres pour le projet E1 en décembre 2025 et prévoit d’attribuer les contrats le 6 juillet 2026. Une fois ces appels d’offres lancés et la construction engagée, il sera pratiquement impossible de faire marche arrière.
Les signataires de la Coalition canadienne pour des sanctions mondiales exhortent le gouvernement canadien à :
- Avertir publiquement que toute personne ou entité impliquée dans l’expansion du projet E1 fera l’objet de sanctions économiques ciblées.
- Signaler que la participation au projet risque d’entraîner la perte d’accès aux marchés et aux systèmes financiers canadiens.
- Appliquer immédiatement des désignations si les contrats sont conclus.
CITATIONS
« Le projet de colonie E1 vise à ancrer de manière permanente le régime d’apartheid israélien en Cisjordanie occupée et à exclure toute possibilité d’autodétermination palestinienne », a déclaré Michael Bueckert, vice-président de Canadiens pour la justice et la paix au Moyen-Orient (CJPME). « Le Canada ne peut prétendre s’opposer à l’expansion des colonies israéliennes tout en refusant d’adopter les outils concrets susceptibles de mettre fin aux ambitions coloniales d’Israël. Il doit y avoir de réelles conséquences économiques pour les particuliers et les entreprises qui cherchent à tirer profit de ces manœuvres. »
« Un sondage récent montre qu’une majorité de Juifs canadiens ne soutient pas l’expansion des colonies israéliennes dans les territoires palestiniens occupés », a noté Corey Balsam, de l’organisation Voix juives indépendantes. « Si la reconnaissance par le Canada de l’État palestinien veut en effet dire quelque chose, le gouvernement Carney doit aller au-delà des déclarations d’inquiétude et imposer de réelles conséquences au projet de colonisation israélien et aux politiques expansionnistes qui le sous-tendent. »
« Le projet E1 n’est pas une expansion de routine des colonies. Il s’agit d’un projet délibéré visant à rendre impossible la création d’un État palestinien », a déclaré Karen Rodman, du Mouvement pour une paix juste. « Le Canada ne peut prétendre défendre un ordre fondé sur des règles alors que ses marchés et ses systèmes financiers facilitent cette destruction. »
CONTEXTE POLITIQUE
En vertu du droit international, y compris la quatrième Convention de Genève, une puissance occupante ne peut transférer sa population civile dans un territoire occupé ni modifier de manière permanente le caractère de ce territoire sans nécessité absolue. Les colonies israéliennes, y compris le projet E1 et l’expansion de la colonie de Ma’ale Adumim, violent ces normes et menacent les perspectives de paix.
Le Canada et les gouvernements alliés, notamment le Royaume-Uni, l’Australie et l’Union européenne, ont déjà imposé des sanctions ciblées en réponse à la violence des colons et à la destruction de biens en Cisjordanie. Les leaders de la société civile soulignent que des mesures économiques décisives sont désormais nécessaires pour dissuader des efforts d’annexion à plus grande échelle.
À l’approche du 6 juillet et face à l’escalade des tensions au Moyen-Orient, les défenseurs de la paix avertissent que la fenêtre d’opportunité pour une action préventive se referme rapidement.