Il y a trois ans aujourd’hui, Israël lançait son offensive génocidaire contre Gaza. Trois ans plus tard, les Palestiniens continuent d’être tués, déplacés, affamés, emprisonnés et privés des conditions de vie les plus élémentaires. Des familles entières ont été anéanties. Des universités, des écoles, des hôpitaux, des maisons, des mosquées, des églises, des archives, des fermes et des quartiers ont été détruits. Et tout au long de ces événements, le gouvernement canadien est resté complice – en permettant que des armes, des capitaux et des dons puissent affluer vers Israël, pratiquement sans entrave. Nous ne considérerons pas cet anniversaire comme un moment de deuil passif, mais comme l’occasion de nous souvenir, de faire le point sur ce qui s’est passé et de nous engager à agir. Le 7 octobre 2023, des groupes armés palestiniens ont lancé une attaque meurtrière qui a coûté la vie à des centaines d’Israéliens et en a pris d’autres en otage. Certaines des personnes tuées étaient des amis et des proches de membres de nos propres communautés. Nous n’ignorons pas cette perte. Nous pleurons ces vies. Le 7 octobre n’est pas survenu de nulle part, et il ne peut être considéré comme le début de cette histoire. Cet événement, ainsi que le génocide qui s’en est suivi à Gaza, ne peuvent être dissociés de la Nakba, de décennies de dépossession et d’occupation militaire, du siège de Gaza, de l’apartheid et d’un projet sioniste fondé sur la dépossession des Palestiniens de leurs terres. Depuis trois ans, nous voyons des politiciens affirmer avec insistance qu’Israël a le droit de « se défendre » tandis que l’on refuse aux Palestiniens le droit de vivre et de respirer librement sur leur propre terre natale. Nous avons vu des universités sanctionner des étudiants et des professeurs pour leurs prises de position. Nous avons vu des institutions juives et des synagogues prétendre parler en notre nom tout en défendant la violence de masse. Et nous avons vu le discours sur la sécurité des Juifs et l’antisémitisme servir à maintes reprises d’arme pour justifier la souffrance des Palestiniens. Nous rejetons catégoriquement cette position. Notre sécurité ne peut se construire par l’occupation, le nettoyage ethnique, le siège ou la suprématie. Le judaïsme n’a pas besoin du sionisme, et la vie juive ne dépend pas de la domination des Palestiniens. Nous refusons l’argument selon lequel s’opposer au sionisme reviendrait à rejeter le peuple juif ou l’histoire juive. Et nous rejetons catégoriquement l’affirmation récente du gouvernement selon laquelle l’antisionisme est antisémite. L’antisionisme s’inscrit dans un engagement de longue date en faveur de l’égalité, de la libération collective et d’un avenir ancré dans la liberté et la dignité, plutôt que d’un avenir assuré par des murs, des bombes, des postes de contrôle, des prisons, le nettoyage ethnique et le génocide. Aujourd’hui, nous rendons hommage aux personnes que Gaza a perdues. Nous sommes aux côtés de celles et ceux qui ont survécu, de ceux et celles qui cherchent leurs proches, de ceux et celles qui tentent de reconstruire, ainsi que des millions de Palestiniens qui continuent d’exiger la liberté malgré tout ce qui a été fait pour la leur refuser. Mais le souvenir ne signifie pas grand-chose sans action. Nous appelons nos membres et nos sympathisants à continuer de s’organiser : exigez la fin immédiate du soutien militaire et politique du Canada à Israël par le biais de sanctions ciblées; combattez le sionisme au sein de nos propres communautés; défendez les personnes victimes de répression pour leur solidarité avec la Palestine; et continuez de vous mobiliser partout où les Palestiniens luttent pour leur liberté. Trois ans, c’est trois ans de trop. Il ne peut y avoir de retour à la « normale » tant que les Palestiniens restent sous occupation et soumis à l’apartheid. Il ne peut y avoir de paix véritable sans justice, sans reddition de comptes, sans retour et sans liberté. Nous continuerons de nous mobiliser pour tout cela.