La minorité palestinienne d’Israël

“L’État d’Israël compte aussi des citoyens arabes. Pour notre plus grand malheur. ”

– Le Ministre de la Sécurité publique, Gideon Ezra en 2004

Dans la population palestinienne d’Israël, on compte les habitants originaires du territoire qui est devenu l’État d’Israël en 1948, et ceux originaires des territoires occupés après la Guerre des Six Jours de 1967 (à Jérusalem Est et dans le Golan) (1). En 2013, ils représentaient 1 658 000 personnes, soit plus de 20% de la population totale.

Comme le remarque Ben White dans son ouvrage Palestinians in Israel, “La lutte de ces citoyens israéliens de seconde classe est peu comprise et largement ignorée par le processus de paix officiel. Malgré des décennies de coercition et de contrôle (dont toute une génération sous la loi martiale), beaucoup de ces citoyens palestiniens sont plus que jamais déterminés à confronter la discrimination structurelle et les législations racistes qui régissent leur vie.

Pour la plupart, ils s’identifient comme “citoyens palestiniens” d’Israël, même si les autorités israéliennes persistent à les appeler “Arabes israéliens” (2). Ils parlent le dialecte arabe palestinien. Ils sont principalement musulmans, mais comptent également quelques Chrétiens et des Druzes. La majorité se considère comme des Palestiniens, toutefois les Bédouins du Naqab (Néguev) et les Druzes au nord ont tendance à se considérer comme des Israéliens. Mais face à l’oppression d’Israël, les Bédouins commencent de plus en plus à réaliser que leur combat est le même que celui des Palestiniens, et ils s’identifient de plus en plus à ces derniers (3).

Environ 46 pour cent de la population palestinienne vit dans des communautés à majorité arabe, dans le nord d’Israël. Nazareth est la plus grande ville palestinienne, bien que Jérusalem soit la ville qui compte la plus importante population de Palestiniens.     

Il s’agit d’une population très jeune: l’âge médian est de 18 ans, alors qu’il est de 30 ans pour les Juifs israéliens. Les Palestiniens d’Israël ont souvent de la famille en Cisjordanie et à Gaza, ainsi que dans les camps de réfugiés de Jordanie, Syrie et du Liban. Les Druzes, quant à eux, vivent en grande majorité dans la région du Golan. Depuis la fin du mandat britannique, ils se sont petit à petit distancés des enjeux arabes et islamiques (4). Ils bénéficient d’un statut différent de celui des autres Palestiniens d’Israël. Les Palestiniens chrétiens (neuf pour cent de la population) sont également plus nombreux au nord. Ils ont généralement un meilleur taux d’éducation que le reste des Palestiniens et se sont révélés plus politiquement actifs que leurs confrères musulmans.

Certains Palestiniens de Cisjordanie et de Gaza sont devenus des citoyens israéliens à travers les anciennes Lois de Réunification Familiale, avant que ces dernières ne deviennent plus exclusives. Le 31 juillet 2003, Israël adopte une loi qui refuse la citoyenneté et le droit de résidence aux Palestiniens de Cisjordanie ou de Gaza qui se marient avec des Israéliens. Cette loi est considérée discriminatoire par le Comité des Nations Unies pour l’Élimination de la discrimination raciale.    

La population palestinienne est maintenant majoritaire dans deux régions, en Galilée et dans la région du Triangle (les villes et villages proches de la Ligne verte). Pour le gouvernement israélien et une bonne partie des israéliens, il s’agit d’une “menace démographique” puisque le taux de fécondité est plus élevé chez les Palestiniens (5). L’historien Benny Morris a même comparé les Palestiniens d’Israël à une “bombe à retardement” et une “possible cinquième colonne”, susceptibles de déstabiliser l’État en temps de guerre. Le Premier Ministre actuel lui-même, Benjamin Netanyahu, utilise régulièrement l’expression “bombe démographique” pour faire référence à la population palestinienne. L’augmentation de la population israélienne est quant à elle due pour l’essentielle au taux de fécondité élevé chez les Haredim, les Juifs ultra-orthodoxes.

Après 1949, la communauté palestinienne a commencé à se transformer d’une population principalement rurale et paysanne à une main d’oeuvre industrielle.

Relations avec l’État d’Israël

“ Mon État est en guerre contre ma nation (7).” Cette déclaration, faite par un personnage public, citoyen palestinien d’Israël interviewé par la commission d’enquête sur les assassinats de Palestiniens pendant la Seconde Intifada, est une parfaite illustration des relations entre Israël et ses citoyens palestiniens.

“On ne peut comprendre la relation qu’Israël entretient avec sa minorité palestinienne sans réaliser que le refus de la démocratie fait partie du projet de colonisation sioniste de la Palestine depuis le début”, déclare Ben Whites (8). Les Palestiniens israéliens souhaitent qu’Israël devienne un État pour tous ses citoyens, ce qui est source de tensions puisque les Juifs israéliens insistent quant à eux sur le caractère juif de leur État. Un rapport de 2006, L’avenir des Palestiniens arabes d’Israël, affirme que : “ Le fait de définir l’État israélien comme un État juif et l’exploitation de la démocratie au service de cette judéité nous exclut.” L’étoile de David au coeur du drapeau est un symbole exclusivement juif, et Hatikvah, l’hymne national, ne représente pas les citoyens palestiniens, puisqu’il évoque le désir du peuple juif de retourner sur la terre de la patrie juive. Le concept d’“État Juif” justifie le traitement préférentiel accordé aux Juifs. Il est ancré dans des politiques migratoires (Loi de Retour) et foncières (le Fonds National Juif et l’Agence Juive) qui favorisent l’établissement des Juifs en Israël. Les Palestiniens peuvent être des citoyens, mais jamais faire partie de la nation, ainsi que l’a confirmé en 2013 une décision de la Cour Suprême qui a rejeté la possibilité d’une “nationalité israélienne” (9).    

Les tensions entre l’État d’Israël et sa minorité palestinienne ont connu un essor en 2006 à l’occasion de l’entrée du parti de droite Yisrael Beiteinu dans le gouvernement d’Ehud Olmert. Le chef du parti, Avigdor Lieberman propose alors un plan visant à transférer les zones arabes d’Israël sous l’Autorité Palestinienne et d’incorporer les colonies israéliennes de Cisjordanie dans l’État d’Israël. Depuis 2000, les législateurs israéliens ont adopté une série de lois discriminatoires. “L’État Juif”, écrit Arthur Hertzberg, “est alors une entreprise dans laquelle les Arabes ne sont pas des partenaires égaux, leurs intérêts sont considérés comme secondaires par rapport à ceux d’une nation différente –

Dont les membres sont majoritairement de nouveaux arrivants sur cette terre, nombre d’entre eux ne vivant même pas dans le pays (10).”

La conscience palestinienne s’est intensifiée depuis la guerre de 1967, malgré le fait que les formes publiques d’expression de l’identité – le drapeau palestinien, les chants ou les poèmes nationalistes – soient restés illégaux jusqu’à récemment (11). L’activité politique s’est révélée très forte parmi cette population, notamment avec l’élection en 1975 de Tawfiq Ziad, un poète, à la Mairie de Nazareth. Le Mouvement islamique des années 1980, en plus de la construction d’écoles et de mosquées et de l’incitation au respect des pratiques musulmanes, eut également un impact sur la politique locale (12). Les citoyens palestiniens d’Israël ont soutenu la Première Intifada (1987-1991), en envoyant de l’argent, de la nourriture et des vêtements aux Palestiniens des Territoires occupés et en organisant des grèves pour manifester leur solidarité (13).  

Après l’assassinat de 12 citoyens palestiniens et d’un homme originaire de Gaza en octobre 2000, lors de la Seconde Intifada, les Palestiniens d’Israël protestent en boycottant les élections israéliennes de 2001. Ironiquement, cela conduit Ariel Sharon au pouvoir. Jusqu’à ce jour, pas un policier, commandant ou homme politique n’a été tenu responsable pour la mort de ces 12 citoyens palestiniens d’Israël.

Les droits des minorités: théorie et pratique.

La Déclaration d’Indépendance d’Israël fait référence à l’établissement d’un État juif qui garantisse des droits sociaux et politiques égaux à tous ces citoyens, quelque soit leur religion, leur race ou leur sexe. Toutefois, les citoyens palestiniens ont été soumis à la Loi martiale, aux couvre-feux, aux détentions, aux expulsions et aux restrictions de leurs conditions de déplacement. La Loi martiale a été levée en 1966 et les citoyens palestiniens ont alors bénéficié de la même liberté de mouvement que les citoyens israéliens. La minorité palestinienne a obtenu le droit de vote et a pu bénéficier des services municipaux. Le Ministère des Affaires étrangères israéliens déclare que la seule distinction légale entre les citoyens arabes et juifs est le fait que les premiers sont exemptés du service obligatoire dans l’armée israélienne. Toutefois, c’est bien une source d’inégalité puisque ceux qui ne font pas leur service militaire ne peuvent avoir accès aux même bénéfices sociaux et économiques, tels que des aides au logement et à l’emploi. L’organisation Adalah —le Centre juridique pour les droits de la minorité arabe en Israël— a démontré que plus de 50 lois sont discriminatoires à l’encontre des Palestiniens citoyens d’Israël (14).   

Il y a trois principaux partis politiques palestiniens en Israël: Hadash (un parti palestino-juif), Balad, et la Liste Arabe Unie (une coalition de plusieurs organisations politiques incluant le Mouvement Islamique). Il y eut des députés palestiniens dès les premières réunions. Des Palestiniens ont été nommés Ministres sans portefeuille en 2001 et en 2007. Toutefois, selon une étude commandée par l’Association Arabe des Droits de l’Homme, entre 2010 et 2014, huit députés Palestiniens sur neuf ont été agressés physiquement par des policiers israéliens lors de manifestations. Au cours de la même période, des législations ont été adoptées qui limitent le droit des palestiniens minoritaires à choisir un représentant public qui puisse développer une plateforme politique indépendante (15). Il est également important de rappeler que dans toute l’histoire de l’État d’Israël, pas un parti arabe n’a fait partie d’un gouvernement de coalition (16).  

Les citoyens palestiniens d’Israël subissent une discrimination active, facilitée par le fait que l’État d’Israël a maintenu “l’état d’urgence” depuis 1948. Alors qu’ils représentent 20 pour cent de la population, ils bénéficient de moins de 7 pour cent de l’allocation des biens et services. Bien que la minorité palestinienne ait le droit à la protection de l’État, les communautés palestiniennes ont été laissées à elles-mêmes face aux attaques lors de la guerre du Liban de 2006, du fait d’un manque d’abris anti bombes et d’information de base en arabe (17). De nombreuses études et enquêtes ont démontré ces inégalités, qui sont constamment ré-affirmées à travers les décisions judiciaires, les résolutions gouvernementales, les rapports et autres documents officiels. La majorité des Juifs ignore en grande partie la réalité de cette discrimination, mais elle joue un rôle central dans les sensibilités et les attitudes des citoyens palestiniens.  

La Commission d’enquête “Or” a dénoncé le fait que “le gouvernement a négligé sa population arabe et mené des politiques discriminatoires” et qu’il “n’a pas prêté suffisamment d’attention aux besoins de la population arabe, et n’a pas pris les mesures nécessaires pour une juste et équitable allocation des ressources de l’État”. En conséquence, “il existe une grande détresse au sein de certaines communautés arabes, qui se manifeste à travers la pauvreté, le chômage, le manque d’espace et de terres, de sérieux problèmes dans le système éducatif, et des infrastructures défectueuses.”

L’État dépense en moyenne 35 pour cent de plus pour un citoyen juif que pour un citoyen palestinien (18). La discrimination existe dans tous les aspects de la vie politique et sociale. En 2003, près de la moitié des familles palestiniennes vivait dans la pauvreté, alors qu’elle ne touche qu’un quart des familles juives israéliennes (19). Les budgets des écoles est d’environ 1100 dollars américains pour chaque étudiant juif, contre $191 pour chaque étudiant palestinien. Cette inégalité de financement a des répercussions sur les équipements, la qualité de l’enseignement et la taille des classes.

L’arabe est une des langues officielles d’Israël, pourtant certains documents gouvernementaux ne sont pas publiés dans cette langue: il suffit de publier une loi en hébreu dans le journal officiel pour que celle-ci soit valide. “Selon une étude de l’Université de Haïfa en 2003, les peines de prisons sont plus longues pour les citoyens arabes que pour les Juifs”, et les actes de violence commis par les forces de l’ordre contre des Palestiniens mènent rarement à des condamnations (20). Ces disparités sont reflétées dans tous les aspects de la vie quotidienne.  

Thousands of Palestinian citizens of Israel participated in a rally and “March of Return”

Appropriation des terres et démolitions de maisons

Des milliers de citoyens palestiniens d’Israël participent à une marche pour le “Droit au retour”.

Alors que les 50 000 habitants (juifs) de la partie haute de Nazareth occupent 42 000 hectares de terrain, 70 000 Palestiniens s’entassent sur 14 000 hectares. Depuis 1948, toute une série de lois et de manoeuvres légales agressives ont été mises en place par l’État d’Israël afin de s’emparer de terres palestiniennes.En 1976, six Palestiniens ont été tués par les forces de l’ordre lors d’une manifestation contre l’expropriation et la démolition de maisons. Depuis, ce jour, le 30 mars, est commémoré tous les ans par les Palestiniens comme le Jour de la Terre.

Les Palestiniens qui ont fui leurs maisons en 1948 (en conséquence de l’effort délibéré de Haganah et des forces de défense israélienne pour les expulser de leurs terres), même lorsqu’ils se sont installés dans d’autres parties de ce qui allait devenir l’État d’Israël, n’ont pas le droit de rentrer chez eux: du fait de cette loi, un Palestinien sur quatre est un déplacé interne (22). Hussein Abu Hussein et Fiona McKay ont suggéré qu’il “est possible que l’on parle pour les Palestiniens de la perte d’au moins 70 pour cent de leurs terres (23).”Une large partie de ces terres sont dans les mains du Fonds National Juif (FNJ) et non celles du gouvernement, de peur que cela ne soit considérée comme une confiscation des propriétés “abandonnées”.  Le Fonds National Juif possède autour de 13 pour cent des terres de l’État d’Israël et possède une influence significative sur 80 pour cent, à travers la nomination de près de la moitié du Conseil Foncier d’Israël. Cela pose problème du point de vue démocratique, puisque selon le FNJ, “la loyauté du Fonds National Juif est accordée au peuple juif, le seul devant lequel le FNJ soit redevable (24).”

Il est toujours extrêmement difficile, voire tout simplement impossible, pour les Palestiniens israéliens de louer un terrain public nationalisé ou d’obtenir un permis de construire. Depuis 1948, plus de 700 communautés juives se sont nouvellement établies. En contraste, pas un village, pas une ville n’ont été créés pour la minorité palestinienne, à l’exception de sept villages dans le Néguev destinés à concentrer les Bédouins sur un minimum d’espace (25).

Les Bédouins

Al Araqib (Bedouin “unrecognised” village) demolition

Près de 110 000 Bédouins musulmans vivent dans le Néguev. Le gouvernement israélien a construit sept “villes” pour les y installer entre 1979 et 1982, mais une bonne moitié des Bédouins vivent dans des villages non connectés à l’électricité ou à l’eau courante, puisque l’État ne les reconnaît pas (malgré le fait qu’ils ont vécu sur ces terres depuis bien avant la création de l’État d’Israël). Une nouvelle loi, le Plan Begin-Prawer, adopté en première lecture en juin 2013, propose la destruction de 40 villages bédouins. Leurs ruines seront recouvertes par les forêts du FNJ et des colonies israéliennes. C’est un des éléments du plan du FNJ, le “Blueprint Negev” (26). Le gouvernement a l’intention d’expulser jusqu’à 70 000 Bédouins, afin d’accomplir les projets du FNJ. Israël refuse de considérer les objections et les contre-propositions de la communauté bédouine. C’est la dernière étape dans l’effort poursuivi depuis plusieurs années par le gouvernement pour expulser les Bédouins de leurs terres ancestrales. Alors que Benny Begin a annoncé que le plan était interrompu, le Général Doron Almog – responsable de la mise en oeuvre du projet – déclare n’avoir reçu aucun ordre d’arrêter et continue les procédures d’expulsion (27).

Notes:

(1) Plus de 80% des 950 000 habitants d’origine ont fui ou ont été expulsés en 1948, sans droit au retour.

(2) Amara, Muhammad et Izhak Schnell. “Identity Repertoires among Arabs in Israel.” Journal of Ethnic and Migration Studies 30, 2004, 175–193.

(3) Elmont, Jon. “In Protests Against Prawer Plan, Signs of ‘Palestinization’ in Israel’s Bedouin Minority,” Tablet, 5 décembre 2013.

(4) Stern, Yoav: “Christian Arabs– Israel’s Christian Arabs don’t want to fight to fit in,” Haaretz, 23 mars 2005.

(5) Cook, Jonathan: Blood and Religion: The Unmasking of the Jewish and Democratic State, London: Pluto Press, 2006.

(6) Sedan, Gil: “Netanyahu: Israel’s Arabs are the real demographic threat.” Haaretz, 2003-18-18.

(7) Shamir, Shimon: “The Arabs in Israel–Two Years after the Or Commission Report.” 19 Septembre 2005.

(8) White, Ben. Palestinians in Israel. London: Pluto Press, 2012.

(9) Goldenberg, Tia “Supreme Court rejects Israeli nationality status,” The Times of Israel, 4 Octobre 2013.

(10) The Zionist Idea. The Jewish Publication Society, 1997, p. 245.

(11) International Crisis Group, “Identity Crisis: Israel and its Arab Citizens,” Middle East Report No 25, 4 Mars 2004.

(12) Torstrick, Rebecca L.: The Limits of Coexistence: Identity Politics in Israel. University of Michigan Press, 2000, p.13.

(13) Tessler, Mark and Audra K Grant: “Israel’s Arab Citizens: The Continuing Struggle.” Annals of the American Academy of Political Science 555, January 1998, pp.97–113.

(14) Discriminatory Laws in Israel, Adalah

(15) Cook, Jonathan and Alexander Key, Silencing Dissent Report, Arab Association for Human Rights, Octobre 2002.

(16) Cf. note 8.

(17) “The Arab Citizens of Israel and the 2006 War in Lebanon” (PDF).

(18) Gilady, Eival, “The Galilee as a challenge and national priority.” Herzliya Conference, 23 January 2006.

(19) “The equality index of Jewish and Arab citizens in Israel.” Sikkuy, 2009.

(20) The Guttman Center’s Democracy Index for 2007.

(21) “Jews, Arabs Debate Internal Arab Threat.” Israel National News, 17 May, 2010.

(22) Internal Displacement Monitoring Center – Israel.

(23) Access Denied: Palestinian Land Rights in Israel, Zed Books, London: 2003, p. 136.

(24) “Land Controlled by Jewish National Fund for Jews Only.” Adalah, 29, July 2007.

(25) “The Jewish National Fund and the Rights of the Bedouin,”T’ruah

(26) “Demolition and Eviction of Bedouin Citizens of Israel in the Naqab (Negev),” Adalah.

(27) Zonszein, Mairav, “Prawer Plan may not be shelved after all,” Haaretz, 16 décembre 16, 2013.