VJI demande que Sécurité publique Canada rectifie publiquement son assimilation de l’antisionisme à l’antisémitisme

Voix Juives Indépendantes (VJI) remercie le Conseil national des musulmans canadiens (CNMC) d’avoir insisté auprès du ministre de la Sécurité publique, Gary Anandasangaree, pour qu’il aborde la question de l’amalgame entre antisionisme et antisémitisme dans le Rapport d’étape sur les engagements nationaux de lutte contre l’antisémitisme – été 2026. Sa réponse du 16 octobre apporte une clarification très limitée, mais est bien loin de la rectification publique complète nécessaire pour réparer le tort causé par le rapport de son ministère.

Le ministre écrit que le rapport ne visait pas à suggérer que toute critique du sionisme, des politiques du gouvernement israélien ou de l’État d’Israël soit antisémite. Cependant, cette clarification semble contredire directement l’affirmation du rapport d’étape selon laquelle l’antisionisme est antisémite. Ça soulève de sérieuses questions sur la position que le gouvernement appuie réellement, et sur le fait de savoir si la déclaration du ministre n’est en réalité qu’une tentative d’atténuer les implications du rapport.

Cette reconnaissance partielle reflète la pression à laquelle le gouvernement a été soumis de la part de milliers de participants à la campagne de lettres de VJI et du plaidoyer soutenu du CNMC et du CJPMO. Le ministre a été poussé à réagir, mais il n’a pas encore rectifié les informations rendues publiques. Une assurance donnée en privé à une seule organisation ne résout pas le problème de l’amalgame public fait par le gouvernement entre antisionisme et antisémitisme. Le rapport est toujours sur le site Web du gouvernement, où on peut lire :

« L’antisémitisme, qui inclut l’antisionisme, n’est pas toujours évident »

« les manifestations contemporaines de l’antisémitisme [incluent] l’antisionisme ».

Par conséquent, les groupes de défense pro-Israël qui cherchent à discréditer la solidarité avec la Palestine peuvent continuer – et continueront – de pointer ce libellé non corrigé comme étant la position du gouvernement.

La lettre laisse aussi la question centrale sans réponse. Dire que toutes les critiques du sionisme ne sont pas antisémites ne revient pas à affirmer clairement que l’antisionisme est en soi une position politique légitime. En fait, la lettre n’aborde pas du tout l’antisionisme. 

L’antisionisme ne peut pas se résumer à des critiques d’une politique particulière du gouvernement israélien. L’antisionisme reflète un engagement envers l’égalité et un rejet d’un système politique qui privilégie les droits des Juifs et assujettit tous les autres.

Une grande partie de la réponse du ministre réaffirme également l’adhésion du gouvernement à la définition de l’Alliance internationale pour la mémoire de l’Holocauste (IHRA) — ce cadre même qui est au cœur de nos préoccupations — et à son guide canadien, que VJI a explicitement condamné et critiqué dans notre rapport « Bâillonné en notre nom ». La lettre reconnaît que l’IHRA est utilisée dans la formation des forces de l’ordre. Répéter que la définition n’est pas contraignante ne sert pas à grand-chose, voire pas du tout, pour aborder la façon dont elle influence les décisions institutionnelles et la manière dont on traite la défense des droits des Palestiniens. 

Le gouvernement doit aligner ses déclarations publiques et ses pratiques institutionnelles sur ses promesses. Il doit immédiatement et publiquement retirer l’amalgame fait dans le rapport, affirmer publiquement que l’antisionisme n’est pas intrinsèquement antisémite, et supprimer cet amalgame des lignes directrices gouvernementales ainsi que des documents de formation destinés aux forces de l’ordre et au secteur de la justice.

Si le gouvernement veut vraiment lutter contre l’antisémitisme, il doit respecter la diversité politique des communautés juives et protéger le droit des Palestiniens et de leurs alliés à remettre en question le sionisme et à militer pour la liberté et l’égalité pour tous. 

Agis dès aujourd’hui et envoie un courriel à Sécurité publique Canada pour exiger que les documents publics soient corrigés :