Communiqué de presse: le rapport fédéral sur l’antisémitisme sur les campus universitaires ne reflète pas la diversité des étudiants juifs

POUR DIFFUSION IMMÉDIATE
5 août 2026

OTTAWA: Voix Juives Indépendantes (VJI) soulève de profondes inquiétudes concernant les lacunes méthodologiques, le cadrage idéologique et le manque de représentativité du processus consultatif ayant mené au rapport fédéral intitulé « Antisémitisme sur les campus et expériences étudiantes (CASE) ».

VJI condamne sans équivoque le harcèlement antisémite, les menaces, la négation de l’Holocauste et la discrimination. Les expériences décrites par les étudiants dans le rapport méritent d’être prises au sérieux. Cependant, une recherche destinée à orienter les politiques gouvernementales et universitaires doit être représentative et capable de distinguer l’antisémitisme du désaccord politique.

L’enquête CASE a été diffusée par l’intermédiaire d’organisations étudiantes juives, de réseaux communautaires et d’autres canaux similaires. Le rapport souligne que le recrutement a été inégal selon les organisations, les provinces et les établissements ; qu’aucune pondération n’a été appliquée à l’enquête ; et que ses résultats doivent être considérés comme descriptifs, sans prétendre à une représentation précise de la population. Toutefois, le rapport avance des conclusions générales affirmant que l’antisémitisme deviendrait systémique dans les établissements postsecondaires canadiens.

« Le rapport tire des conclusions nationales à partir d’un échantillon auto-sélectionné et non pondéré », déclare Nir Hagigi, membre de VJI, récent diplômé de l’Université Carleton et futur étudiant en maîtrise à l’Université York. « Les expériences décrites par les répondants doivent être entendues, mais elles ne peuvent pas être automatiquement généralisées à tous les étudiants juifs ou à tous les campus canadiens. »

VJI n’a pas été consulté lors de l’élaboration du rapport, n’a pas été invité à participer au processus consultatif et n’a pas eu la possibilité de diffuser l’enquête auprès des centaines de membres étudiants de VJI connectés aux campus à travers le pays.

Au contraire, le sondage a surtout été diffusé par des organisations juives établies, qui ont fréquemment marginalisé les étudiants juifs progressistes, non-sionistes et antisionistes. Ce mode de recrutement a inévitablement restreint l’accès au sondage ainsi que la diversité des expériences représentées.

La composition du conseil consultatif suscite également des inquiétudes quant à la représentation. Ses membres comprennent des représentants associés à des institutions sionistes traditionnelles. VJI n’a pu identifier aucun organisme ou chercheur juif antisioniste ou non sioniste sur le conseil, ni aucune représentation significative des étudiants juifs progressistes dont les expériences sont censées être documentées dans le rapport. Une étude visant à refléter la diversité des expériences des étudiantes et étudiants juifs ne devrait pas se limiter à une perspective institutionnelle et démographique aussi restreinte.

Les hypothèses du rapport figurent également parmi les questions du sondage. Une question regroupe « juifs, judaïsme, Israël ou sionisme » dans une seule catégorie, ce qui rend extrêmement difficile de distinguer les préjugés anti-juifs de la critique d’un État ou d’une idéologie politique.

Le rapport adopte également des définitions très controversées, présentant le sionisme comme l’autodétermination juive dans une « patrie ancestrale », tout en définissant l’antisionisme comme un mouvement fondé sur la « calomnie et la distorsion », visant à « effacer » (et, ailleurs, à « anéantir ») Israël. Par ailleurs, le rapport utilise la définition opérationnelle de l’antisémitisme proposée par l’Alliance internationale pour la mémoire de l’Holocauste (IHRA), qui a été maintes fois critiquée pour ses effets restrictifs sur la liberté d’expression.

« Ce rapport part du principe que l’identité juive et le sionisme sont indissociables. Cette hypothèse exclut de nombreux Juifs dès le départ », affirme Larry Haiven, membre du comité de coordination nationale de VJI et professeur émérite à l’Université Saint Mary’s. « L’antisémitisme doit être combattu sérieusement, mais la critique d’Israël et l’opposition au sionisme ne peuvent pas être simplement considérées comme une preuve de haine envers les Juifs. »

VJI demande au gouvernement fédéral et aux universités canadiennes de ne pas utiliser le rapport CASE pour justifier la censure, la surveillance ou toute restriction de la liberté d’expression et du droit au plaidoyer. Les recherches futures doivent inclure une plus grande diversité d’étudiants et d’organisations juives, divulguer clairement leurs partenaires de recrutement, adopter des méthodes plus représentatives et distinguer nettement l’identité juive des convictions politiques.

Contact médias :

Nir Hagigi, Coordinateur intérimaire des communications
Voix Juives Indépendantes Canada
communications@ijvcanada.org